Pacer de Céline la Licorne sur sa prépa à son trail de 116 km

Lorsque, via les réseaux sociaux, Céline a annoncé rechercher des personnes qui seraient motivées à venir faire un bout de parcours avec elle, c’est tout naturellement, non seulement en trailer que je suis, mais aussi en ami, que je me suis proposé. Le rendez-vous est pris, je viendrai l’accompagner sur les 20 derniers km de son parcours en totalisant 50… Retour sur cette expérience avec une Licorne bien écornée…

Décidément, Céline La Licorne est à l’honneur sur le Lièvre Trailer. Coïncidence… Dans son programme de préparation au Grand Trail d’Auvergne, ses 116 km et 5180 m de dénivelé, ce samedi 12 septembre 2020, Céline avait une cinquantaine de kilomètres à faire. Elle est partie à 06h30 de La Valette et s’est attaquée à l’ascension du Coudon. Quelques problèmes de tracés l’ont obligé à faire un demi-tour, lui ont permis de rencontrer une vieille dame énervée de la voir passer à côté de chez elle ou encore un chien mécontent venant la menacer. Malgré tout cela, elle a vaincu le Coudon. La suite de son parcours l’a amenée jusqu’à Belgentier en passant par les collines à l’Ouest de solliès-Toucas.

C’est à Belgentier que j’ai endossé mon rôle de « Pacer » (on prononce paysseur)… Qu’est-ce qu’un pacer me direz-vous ? Un pacer, c’est ce trailer qui va en accompagner un autre jusqu’au bout d’une course. Certains ultra-trails les autorisent sur les fins de course. Le pacer est aussi là pour prendre soin du trailer en cas de blessure par exemple. J’étais bien équipé pour ça, mais Céline aussi… on était blindé en cas de blessure. Le pacer va écouter l’autre se plaindre, l’encourager, l’épauler, faire en sorte de lui éviter l’abandon. Un pacer va vivre la fin de course avec le trailer, ressentir ses émotions sans aucun jugement. Je l’ai lu quelque part, « un pacer c’est précieux, un pacer c’est un ami« . Je ne sais pas si je suis précieux, mais ce que je sais, c’est que oui, je suis un ami de cette Licorne et rien qu’à ce titre, je me devais d’être présent.

C’est donc à Belgentier qu’on s’est retrouvé. Il était midi, 29°C, pas de vent. Céline a profité de ce moment pour s’alimenter. Cette sortie était d’ailleurs aussi un test d’alimentation pour elle et il va s’avérer être révélateur… révélateur d’une alimentation mal gérée justement, mais il vaut mieux que ça lui arrive maintenant que le jour J… Très vite, dès les premiers mètres de l’ascension menant vers la barrière de Cuers, Céline n’est pas bien. Elle me le dit : nausées parfois à la limite du vomissement, tête qui tourne. La chaleur n’aide pas. Les 4 km d’ascension pour un peu plus de 400 m de dénivelé lui sont interminables. Plusieurs pauses sont nécessaires. Elle a besoin de souffler, de respirer. Je n’avais jamais vu Céline ainsi. J’espère ne pas m’être trompé par moment, en ressentant son besoin d’être « laissée tranquille », ces moments où j’ai pensé que le silence était ce dont elle avait besoin. Et puis parfois je lançais une discussion sur ceci ou cela, histoire d’occuper son esprit à autre chose que ses nausées… Ses nausées qui ne l’ont pas quittée sur les 20 km faits ensemble jusqu’à l’arrivée. La barrière de Cuers lui a paru interminable et malgré tout, son mental de guerrière l’a quand même poussé à suivre le tracé prévu et faire cet aller-retour de 3,7 km et 150 m D+ jusqu’au Pilon St Clément.

Le reste du parcours lui a aussi paru interminable. De grandes pistes qui n’en finissaient pas, un domaine privé nous obligeant à faire une boucle supplémentaire et à emprunter la Départementale 554 sur 2 km… Mais elle l’a fait, elle les a fini ses 49 km et ses 1800 m D+. 11 heures d’effort et une Tourtel en récompense…

En ce qui me concerne, accompagner Céline m’aura permis de faire 20 km pour 800 m D+ et de m’imprégner du mental d’acier de cette Licorne. J’ai vu une guerrière. Elle avait les jambes pour faire cette distance, ça se ressentait dans sa foulée. Une guerrière… un modèle pour moi, je l’ai déjà dit. Céline, je suis déjà prêt à recommencer quand tu veux…

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